Feu en plein jour, feu contre feu, feu au cœur du feu :
l’épiphanie d’un embrasement.
Un bouquet de tulipes, rouge-orangé, veinées de vert, à la
corolle composée, exposées aux rayons presque horizontaux de ce soleil
déclinant qui se répand, chaque soir de lumière, dans cette grande pièce
orientée à l’Ouest.
Et le désir, profane, imbécile mais irrésistible de figer
cette splendeur, d’en garder trace tangible par la photographie – qui sera
immanquablement, essentiellement, en deçà de l’événement. Ou plus précisément
qui n’aura rien à voir avec sa réalité.
Les photos cependant sont impressionnantes, même si elles
dénaturent la nature de cette flambée instantanée, gratuite, éphémère, née
éphémère. Et l’acte photographique (passage à l’acte ?) amplifie, poursuit
la contemplation
Arrêter l’instant en mots, en images, illusion ? Ne
garde-t-on de ce qui a été qu’un petit tas de cendres ? Ou une fumée fragile, émouvante.
©florence trocmé