Finitude
Reflux du sentiment d’éternité, os à nu.
Tirage
Dans le fil des propositions contradictoires autour de la photo, re-lecture |lecture de
Barthes et de Sontag. De cette dernière, commencé hier Sur la photographie. Sentiment dans ces premières pages de lire ce
que je sais depuis longtemps mais qui a, ici, le mérite d’être classé et formulé clairement
et parfois avec des formules-choc : « la photographie est réellement
de l’expérience captive » (16) ou bien « ces traces spectrales que
sont les photographies » (22). Sontag oppose le texte et l’image comme
mode de collecte du monde et en cela rejoint Deguy (proposition 8), disant du texte qu’il « filtre » le
monde et le transforme en image mentale « de façon moins traitresse que la
photographie ».
La démarche à suivre pour réfléchir à tous ces paradoxes serait sans doute
celle que semble avoir adoptée Barthes (?) : se mettre en présence de
photos, peut-être pas choisies ou bien alors choisies selon deux critères,
celles qui parlent (émotion, dégoût, révolte, trouble), celles qui me sont
indifférentes. Et tenter de percevoir ce que cette confrontation suscite dans
le for intérieur.
Travailler aussi sur les traces de photos en soi, sur le mode Je me souviens. Je me souviens d’une
exposition de François-Marie Barnier, je me souviens de la photo de la ronde
des séminaristes dans la neige, je me souviens de la tête arrachée de la
kamikaze irakienne....(comprendre aussi qu’il y a un contexte de la photo, qu’elle
s’inscrit en tant qu’objet & image dans un réseau de données complexes et que
ce contexte joue un rôle fondamental dans ma
perception de la photo, Barthes ne dit pas autre chose, me semble-t-il).
Noter aussi cette réflexion de Sontag, riche de développements : « les
photographies sont autant une interprétation du monde que les tableaux ou les dessins ».(19) Est-ce tout à fait exact, peut-on vraiment faire ce
rapprochement ? (Je pense en particulier au « geste » de l’artiste
(son rapport matériel avec le support) qui me semble en partie exclu dans la
photo, la technique fonctionnant alors comme une sorte de prothèse ; geste
qui se retrouvait, c’est une hypothèse, dans le développement et le tirage
manuels des photos, au temps où cela se pratiquait encore ! ; il y
avait dans ce travail de tirage – recadrage,
possibilité de foncer ou d’estomper telle ou telle partie de l’image, choix du
contraste, temps de révélation, etc.– quelque chose qui réinstaurait un rapport
physique avec l’image. Et il me semble que les petits trafics photoshopiens n’ont
rien à voir avec ce travail-là).