Brève la lumière
brève la lumière, puissante l’obscurité
le phare, semis d’éclats
phosphorant, éphémères
danse dérisoire sur le dos
du léviathan pulsant sans relâche
h.d.
«On ne peut prolonger la perfection d’un moment de ferveur. Le peut-on ? »
H.D. (Hilda Doolittle), Fin du tourment,
traduction d’Auxeméry, La Différence, 1992)
→ J’aimerais que les aphorismes s’ouvrent plus souvent ainsi, sur la relance de la
question !
Lorsque la poix s’épaissit
Lorsque la poix s’épaissit, seule peut-être la pratique de la musique desserre
son emprise gluante. Le souvenir tactile et sonore demeure, longues heures
après, comme unique lumière de ce jour. Et ce son et ce geste appellent, font
signe, invitent à habiter le paysage intérieur gris et sale que l’on voudrait
fuir. Non pas moment de ferveur, mais
présence-absence. Tout, là ; rien, là. Éclipse et occupation. Hors temps,
hors sens, intense.
Le poids du sens
Imposition forcée du sens dès l’origine : sens de la marche, de la
naissance à la mort ; sens du temps réputé non réversible ; sens à chercher, sans
relâche, en ramas de cailloux sur le chemin. Se délester du sens obligatoire, perdre l'usage du sens, faire le chat, sens dessus
dessous.
L’inconscient des mots
Chaque mot est un organisme. Doué d’un inconscient fort de tout le refoulé de
son sens et de ses occurrences. D’une mémoire forte de l’empreinte de ses sens
et de ses occurrences. D’une vie, fragile mais tenace. En chacun et pour tous. Certains
sont les sentinelles des mots.